Collection Zone Rouge. Le Squat, Fin La Saison Iii Et De L’Histoire De Mira (4/4)

- Tu m’excuses de te rendre à la rue, mais bien que tu sois propre, mes voisins auraient du mal à comprendre pourquoi j’héberge une femme avec ta figure.
- Adèle, depuis que je viens prendre le thé et une douche de temps en temps, ça me suffit.
Tu m’apportes un peu de réconfort en attendant le retour de mon homme.
Tu sais, je suis partageuse, de toute façon Muller ne supporterait pas que je lui dicte sa façon de vivre et comme je ne veux pas le perdre, je fais attention à ses besoins.

Depuis mon premier bain, chaque fois que je viens, j’ai le droit à sa main et à sa savonnette, rien de plus.
Il est vrai que depuis deux mois je campe quai de la Rapée sous l’autoroute, mon physique ne s’améliore pas.
J’ai fini par comprendre que les produits que je continue à m’injecter dans les veines étaient loin d’être des fortifiants mais de la came comme celle que j’ai rapportée dans le sac de Muller.
Mon homme, est un trafiquant qui traverse le France se servant des squats pour cacher son trafic.
J’apprécie les bains sans pour autant en r car sinon, les cafés et la Seine ou avec un gant de toilette aussi crade que je me lave la chatte après une journée à me faire remplir de sperme.
Mon visage est bronzé par les nombreuses heures passées dans le relax aussi pourri que le reste de nos affaires.
Il m’en a fait cadeau un jour où il m’avait enculé me faisant hurler de plaisir.
Fini Mira tous m’appelle « la princesse ».
Me regardant dans la glace de la salle de bains d’Adèle il faut voir la gueule de la princesse.

- Madame la policière, qu’arrive-t-il ?
- Une femme vient de se faire agresser par un SDF qu’elle avait fait monter chez elle.

Je vois les pompiers de Paris descendre un brancard sur lequel une forme sous un drap est allongée.

- Elle est morte.
- Pourquoi dites-vous elle est morte, vous la connaissez ?
- Pas le moindre du monde, je passais simplement par là.



Quelques minutes après m'apparaît un homme menotté, type pakistanais, je l’ai déjà vu près de l’impasse où Adèle se faisait sauter.

- Vous êtes sûr de ne pas la connaître sous ce drap vous avez vu que c’était une femme.
- Une simple supposition, comment ce type la tuée ?
- Plusieurs coups de couteau, je répète ma question, vous la connaissiez.
- Non, pas le moindre du monde.

Je passe mon chemin, comme Juda, je viens de renier celle qui avait été bonne pour moi malgré les travers qu’elle avait concernant le sexe pour une dame de son âge.
Je retourne au campement, inutile de traîner dans les rues, à chercher des clients.
Mes empruntes sont partout dans cet appartement et je veux éviter que l’on remonte à moi et que l’on m’embastille risquant de louper le retour de Muller.
Dans le journal que je vole à la devanture d’un kiosque, j’apprends tout, c’est bien un SDF qui a tué cette femme du monde femme de sénateur lui aussi décédé.

Plusieurs semaines se passent, j’ai enfin compris qu’Olga m'a piégé me rendant accro à la cocaïne que je m’injecte dans mes veines.
Je suis de plus en plus fatigué entre deux doses, je passe mon temps à regarder la Seine en rêvant à mon pavillon de province, à mon fils mais surement pas à mon fumier de mari qui me cocufiait avec une pute.
Je rigole en moi-même quand je pense le mot pute, que suis-je devenue sinon une fille de joie comme disait mon père, mais le manque de produit dans mes veines m’enlève le mot « joie ».

- Brutus calme toi, je sais tu es malheureux toi aussi d’avoir perdu ton compagnon de jeu.

Dans mon délire de femme en manque de cocaïne, je vois Brutus partir en courant vers les berges.
Il est là venant vers moi, Muller arrive avec d’Artagnan son frère.

- Attention, attention.

J’essaye de les avertir, dans leur dos, un homme une barbe en bataille surgie un couteau à la main.

C’est Jules le mac d’Olga, celui avec qui Muller a eu des ennuis dans l’hôtel où elle tapinait.
Il plante deux fois Muller puis d’Artagnan avant que Brutus lui saute à la gorge.
Je vois partout, j’arrive jusqu’à Muller que je prends dans mes bras.
coule du dos de son frère qui est face contre terre.
Les secours arrivent, un gardien de la paix sort son arme et tire sur Brutus.

- Celui-là est mort, l’autre avec la barbe aussi, madame laisser nous travailler.
C’est votre mari !
- Oui, tout comme, mettez-le sur ce brancard, emmenez-le à la clinique à côté il faut l’opérer le plus vite possible.

Ils veulent me faire lâcher mon amour pour lequel j’ai tout enduré et que j’attendais depuis de longs mois.

- Emmenez là avec lui, elle est shootée et risque de finir comme ces hommes.

Le bruit d’une sirène me casse les oreilles, un jeune pompier me tient dans ses bras pour éviter que je tombe.
Ils ont branché Muller.

- Tu veux me baiser beau gosse, il faut que je trouve ma dose.
- Tu vois fiston pour ta première sortie, voilà le genre de déchets que tu auras à t’occuper avec nous.
L'autre jour, non loin d’ici, c’est la femme d’un sénateur qui se faisait sauter par des SDF que nous avons ramassés, on nous a imposé de nous taire, pour sauver la réputation de la dame.
Rends-toi compte, elle avait 78 ans.

J’entends ça mais je me garde bien de prononcé le moindre mot.

- On est arrivé, tu peux la lâcher, ils vont s’en occuper à l’intérieur.

Je tiens le brancard sur lequel mon homme force de la nature est couché.

- Sauvez-le, sauvez-le, je vous dis de vous démerder à le sauver, il ne faut pas qu’elle meure.
- Une e, montez là au troisième étage et enfermez là en l’attachant sur le lit afin qu’elle n’attente pas à sa vie.
Il est mort, conduisez-le à la morgue.

Depuis combien de temps suis-je dans cette clinique, ils m’ont attaché, ils m’ont soigné avant que les crises dues à mon injection de drogue s’arrêtent.

Mes bras ont retrouvé leur aspect d’avant.
Seules de petites taches brunes attestent que je le piquais.
Benoît le médecin proprio de la clinique qui m’a soigné avec des poches de produits que l’on m’injectait dans les veines mais étant de vrais fortifiants vient de me conduire chez un dentiste.
Je vais être opéré des dents, mes chicots vont être remplacés par des pivots qui soutiendront ma nouvelle denture.
Chaque semaine une coiffeuse vient s’occuper de ma chevelure.
Quand je me regarde je me sens de nouveau une femme à un détail près.
Je n’ai plus d’utérus, Benoît a dû m’opérer, il est vrai que depuis quelques mois mes règles avaient disparu.
J’étais enceinte d’un bébé de trois mois qui n’a pas survécu à ce que je faisais subir à mon corps en attendant Muller.

J’avais bien entendu au moment où les infirmiers me portaient dans cette chambre, ancienne chambre de malade la clinique achetée par mon mari étant un asile de fous désaffecté, il est mort et repose avec son frère et Jules son assassin dans une fosse commune.
J’ai bien dit « mon mari », Benoît au fil de ma transformation de femme au bout de la nuit à femme du monde m’a épousé.
Veuf inconsolable au début, mes pratiques sexuelles apprises sur le tas dans la rue ont fini par le séduire.
On m’a ôté l’utérus, mais tout le reste et surtout mon clito se porte bien.
La seule chose que j’évite c’est de redevenir la bourgeoise qui a vu son mari monter avec sa pute.
Une partie de mon aventure a été due à la femme un peu coincée que j’étais devenue.
Nous habitons un hôtel particulier à deux pas de sa clinique.
Mon plus grand plaisir est de venir me faire sauter sur son bureau.
Son bureau bon souvenir, c’est là qu’il m’a pris la première fois pour fêter mon sevrage depuis un an des fortifiants qu’Olga m’injectait.
À la différence me faisant épouser, mon amie est elle aussi sortie de sa galère, dans la chambre voisine de la mienne au dernier étage de notre clinique.

Benoît et ses infirmiers sont allés la récupérer sous son pont d’autoroute.
Elle est elle aussi sevrer et travaille dans notre clinique comme infirmière.
Nous lui avons trouvé un logement que Benoît a mis à mon nom.
Je suis sa propriétaire.
Oublier Muller, les queues des autres hommes, la femme que je suis à l’arrière de notre limousine est rentrée dans le rang des femmes vertueuses.
Je pense que ma chance ne repassera pas deux fois.

Une seule ombre à mon tableau.
Pour donner suite à mon divorce, j’ai interdiction de rencontrer mon fils.
Il est là devant moi tenu par la main par Olga non pas la SDF j’en ai déjà parlé mais la pute de Sylvain.
Je sais qu’il l’a retrouvé puis épousé.
Je suis comme chaque fois que je le peux sur le parking de la banque qui a remplacé le squat où tout a commencé.
J’ai ce seul regret, peut-être qu’un jour après la lettre que je lui ai écrite, Romain acceptera de me voir, mais en le voyant passer, je suis déjà une mère comblée.

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